et Gilles Rapaport, publié aux éditions Circonflexe
10 Représentations :
Du 25 au 27 février 2010 La Marmaille O’Navio Théâtre Limoges
Du 9 au 13 mars 2010 Centre National Jean Moulin Bordeaux
Jauge
120 spectateurs, enfants et adultes, à réétudier selon configuration de la salle
Tranche dʼâge idéale
Spectacle tous publics.
Mise en scène : Céline Garnavault
Avec : Anne Charneau
Ombres : Dinaïg Stall / Lumières : Christophe Lescurat
En Coproduction avec:
La Marmaille / O’Navio Théâtre, la BFM de Limoges/ Pôle jeunesse,
l’ONAC de la Haute-Vienne,
Le Musée National de la Résistance / Centre Jean Moulin de Bordeaux.
1931. Ita-Rose quitte la Pologne pour rejoindre son mari venu en France avant elle. Elle le rejoint à Paris avec Léon, leur petit garçon. La famille réunie, cet avenir qui semble radieux va très
vite se heurter à l’Histoire, celle de la deuxième guerre mondiale et de son flot d'atrocités charriées par le nazisme.
Après son adaptation de «L’Horizon Bleu» (Dorothée Piatek et Yann Hamonic, éditions Petit à Petit), Céline Garnavault appréhende une nouvelle fois la grande
histoire en passant par la petite porte du quotidien, des gestes simples et répétés, de la retenue et du silence, pour raconter l’histoire exemplaire d'une femme qui, dignement et courageusement,
a fait face à son bourreau Klaus Barbie afin de rendre justice à ses amours perdus.
Note d’intention
Dès la première lecture, j’ai eu envie de transposer le livre sur scène. Le graphisme des illustrations de Gilles Rapaport m’a immédiatement touchée : très contrasté, doux et à la fois très cru, se révélant au fur et à mesure des relectures; quant au ton assez factuel du texte de Rolande Causse, s’approchant au plus près de la réalité, son apparente simplicité est d’une grande force et laisse vraiment de l'espace pour une adaptation théâtrale.
Ita-Rose est donc le livre que je cherchais pour poursuivre plus loin la recherche débutée en 2006 avec L’Horizon bleu .
Voici l’orientation que je veux donner à cette création :
Il s'agira d'un spectacle d’une durée de 45 minutes environ, tout comme pour l’horizon bleu, je souhaite qu’Ita-Rose puisse rencontrer un public extrêmement varié: théâtres, centres culturels, bibliothèques, salles des fêtes de petits villages, publics de scolaires ou d’adultes.
Je travaillerai autour du théâtre d’ombres avec Dinaïg Stall, marionnettiste et constructrice. C’est en effet cette forme qui semble être la plus à même de retranscrire l’univers graphique de l’album tout en créant de la matière exploitable pour le jeu. Il y a beaucoup d’ombres qui peuplent la vie d’ita-Rose, l’ombre de ses disparus, son ombre à elle, l’ombre du régime nazi et de ses tortionnaires, il y a l’ombre qui protège de la réalité trop crue, l’ombre du deuil, l’ombre des souvenirs lancinants…
Sur scène, la comédienne Anne Charneau racontera l’histoire d’Ita-Rose, à la fois narratrice, actrice et spectatrice du destin de cette femme et de sa famille. Elle évoluera entre deux mondes : d’une époque à une autre, de l’ombre à la lumière, du mouvement à l’immobilité. Sobre, au service du récit. C’est elle qui animera les ombres.
Mettre en scène pour moi, c’est raconter des histoires, or je ne sais le faire qu’en m’attachant aux gens, et en entrant par la petite porte, celle du quotidien, du sensible, des gestes simples et répétés, de la retenue, des silences... J’ai besoin de créer cette identification pour aborder « la grande histoire » sans tomber dans une forme documentaire froide et désincarnée ou, au contraire, dans un épanchement d’émotions qui étoufferait le spectateur.
Tout comme le personnage d’Elisabeth, dans L’Horizon bleu, Ita- Rose porte une parole de femme, de mère, de résistante, une parole qui ne renonce pas. C’est cette parole que je veux faire entendre.
Céline Garnavault
L’Ombre
Ce travail au graphisme contrasté et aux couleurs vives – sous lesquelles les photos ne sont plus que des traces, des réminiscences à la fois lointaines et néanmoins claires car ancrées dans notre mémoire collective – cet univers pictural dense viennent teinter la narration presque désincarnée et souligner toute la force expressive de son apparente simplicité.
Car cette histoire est bien arrivée, à cette femme-là comme à hélas de nombreuses autres, prises dans l’énorme engrenage du génocide orchestré par l’Allemagne du IIIè Reich. Et cette histoire nous hante aussi, nous qui appartenons à une génération qui n’en n’a rien connu sinon les récits qui nous ont été transmis. Nous avons hérité de ces fait historiques tellement invraisemblables (combien de millions de morts ? ce chiffre a-t-il seulement un sens alors même que l’on n’arrive pas à se le représenter ?) et pourtant vrais, dont nous ne pouvons finalement saisir que des bribes mouvantes, des bouts d’images forcément lacunaires. C’est cet aspect à la fois fragmentaire et omniprésent de la mémoire liée à la Shoah, très sensiblement rendu dans l’album par les illustrations de Gilles Rapaport qui nous amène à l’ombre.
Le théâtre d’ombres, surtout dans ses développements contemporains (travail sur les échelles grâce au « décollement » des silhouettes de l’écran, éclatement de l’écran central en une multiplicité de surfaces de projection, etc…) nous semble en effet le plus à même de traduire sur scène l’effet produit par les illustrations originales. Celles-ci sont en effet très fortes à l’intérieur du livre, mais il nous semble qu’elles perdraient en lisibilité lors d’une utilisation scénique. Ce qui fait leur beauté dans le livre c'est que l'on peut prendre le temps de les parcourir, de les décrypter, et puis aussi de les comparer avec les photos originales reproduites à la fin.
Nous souhaitons d’ailleurs conserver le mélange des photos d’époque (transformées, grattées, projetées en filigrane…), des couleurs tranchées (qu’elles soient dans les silhouettes projetées ou propres à la source lumineuse elle-même), et des personnages aux contours très noirs et épais et au graphisme fait de vides et de pleins qui font penser aux techniques de gravure… et aux silhouettes d’ombres ajourées.
Nous travaillerons sur les trois éléments constitutifs de l’ombre : silhouette, source(s) lumineuse(s), surface(s) de projection, afin d’affiner notre univers et de développer le langage de l’ombre non seulement dans sa dimension plastique, mais aussi et surtout dans sa dimension signifiante. Pour donner un exemple concret, choisir la matière ou les matières servant de surface de projection apporte du sens à l’image globale : projeter sur de la toile de jute « colore » l’image d’une manière toute différente d’une projection sur de la soie…
L’ombre permet de travailler à la fois avec des silhouettes et images synthétiques, presque symboliques, et avec des photos, des documents iconographiques d’époque. Elle permet de mêler le réalisme des documents d’archive et le raccourci saisissant d’une silhouette qui disparaît, happée par l’obscurité. Elle permet aussi d’introduire dans cet univers pictural le mouvement, synonyme de vie pour les personnages animés. Et si le mouvement dit la vie, alors l’immobilité dit la mort avec une efficacité dramatique immédiate.
Dinaïg Stall
L’équipe
Céline Garnavault fait ses débuts au Centre Dramatique National du Limousin en intégrant en 1997 L’Académie du Théâtre de L’Union avec comme intervenants : Silviu Purcarete, Paul Chiributza, Gao Xingjian, Mladen Materic, Carlotta Ikeda, Robert Cantarella, Eugène Durif, Catherine Beau, Linda Wise …
Elle travaille ensuite sous la direction de Silviu Purcarete, Philippe Labonne, Filip Forgeau, David Gauchard, Gao Xingjian (Nobel 2000 de littérature), Frédéric Maragnani, Emilie Valantin, Marie-Pierre Bésanger, Hala Ghosn…
En parallèle, elle continue à se former au jeu, à l’écriture, au chant et à la marionnette auprès de Eugène Durif, Frédéric Maragnani, Philippe Genty, Norbert Aboudharam, Stéphane Guignard, Sandra Tarrade…
Elle écrit du théâtre, des adaptations de romans pour la scène, des nouvelles et plus récemment le livre Les petites reines, en collaboration avec l’illustrateur Yann Hamonic. Parolière et chanteuse du groupe Les angelots, elle est sélectionnée en 2006 pour Les Rencontres d’Astaffort à la suite desquelles elle écrit des chansons pour différents artistes. Depuis 2000, elle collabore principalement comme metteur en scène à tous les spectacles de La Boîte à sel.
Dinaïg Stall, est passée du théâtre à la danse, puis finalement aux arts de la marionnette.
Sur son chemin, elle a croisé des artistes et des univers très différents : Claire Heggen, Fabrizio Montecchi, Nicole Mossoux, Jacques Templeraud, Patrick Henniquau, Gérard Gourdot, Odile Azagury, Danièle Virlouvet, Alain Recoing, Masaki Iwana, Claude Büchvald, Madeleine Louarn.
À l’issue de sa formation à l’École Nationale des Arts de la Marionnette, elle fonde à Poitiers, avec Cédric Laurier la compagnie Le Bruit du Frigo.
Elle a également conçu des marionnettes pour deux spectacles de La Boîte à Sel : Léa é Léo et Léa les yeux clos et a invité Céline Garnavault à mettre en scène Trois petites notes, d’après Prodige de Nancy Huston pour Le Bruit du Frigo.
Depuis, elles envisagent toutes deux de nombreuses futures collaborations.
Anne Charneau intègre la classe professionnelle du Conservatoire National de Région de Bordeaux de 1997 à 2000 après l'obtention d'une licence d'arts plastiques à Toulouse.
Dès lors, elle aborde différentes formes de théâtre. Elle joue des pièces du théâtre contemporain, sous la direction de Frédéric Maragnani, Thibault Lebert et David Ponce.
Elle interprète des textes non-théâtraux et poétiques, dont Mues avec La Compagnie des Limbes en 2003-2005; Index d'après Peter Sotos, et Cirrus d'après Fernando Pessoa, avec Le Collectif Crypsum, en 2007.
Elle joue pour les enfants La Noce Tomate avec Les Rêveurs de Théâtre en 2003 et Les Voyages d'Hyppolyte Polidarius avec Les Marches de l'Eté en 2004.
Elle incarne des personnages comiques dans Chinoiseries, spectacle de rue d'Olivier Besse, créé en 2004 et C'était Mieux Avant d'Emmanuel Darley avec la compagnie Parole à Jouer.
En outre, Anne Charneau chante du jazz et de la bossa nova dans Le Duo Ipanema; des traditionnels roumains avec Marian Cobzaru, et suit 3 années de cours de chant lyrique, ainsi que des cours de danse contemporaine.
Ces pratiques enrichissent son jeu de comédienne, et lui permettent en 2008-2009 de participer à des mises en scène pluridisciplinaires (Où Passent Les Corps, et Hors Des Regards, d'après Les Folles d'Enfer de Mâkhi Xenakis) avec la plasticienne Vivette Pons et le musicien Jean-Jacques Triby.
Montage du Projet
CO-PRODUCTEURS:
- La Bibliothèque Francophone et Multimédia de Limoges / Pôle jeunesse coproduit le spectacle.
- L’Office National des Anciens Combattants de Limoges coproduit le spectacle.
- La Marmaille/O’Navio Théâtre nous accueille en résidence du 15 au 24 février 2010, coproduit le spectacle, et programme 5 représentations du 25 au 27 février 2010.
- Le Musée National de la Résistance de Bordeaux /Centre Jean Moulin coproduit le spectacle et programme 5 représentations du 9 au 13 mars 2010.
Des demandes de coproductions sont également adressées aux théâtres avec lesquels nous avons déjà travaillé ainsi qu’à de nouveaux partenaires qui semblent intéressés par notre travail.
SOUTIENS :
- Le Théâtre des Colonnes de Blanquefort nous accueille dans son studio pour une période de répétitions du 8 au 19 décembre 2009.
- Le Glob Théâtre de Bordeaux nous accueille dans son studio pour une période de répétitions du 11 au 15 janvier 2010.
- Le Centre Culturel d’Isle nous programmera en 2011.
- L’Office National des Anciens Combattants de l’Aveyron nous programmera en 2011.
Nous sommes également en contact avec les théâtres, institutions et villes qui ont soutenu, et/ou accueilli notre précédente création, « L’Horizon Bleu » afin de continuer à travailler ensemble sur ce projet, en diffusion.
